Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 01:49

longtemps je me suis couché de bonne heure....

de bonheur ?

changement d'horaire, la nuit est longue dès le soir. alors hier soir je me suis couchée à huit heures. avant d'être trop épuisée pour, devant le lavabo, devoir choisir entre me laver les dents OU le cul... édidemment, je me suis réveillée en pleine forme à peu près toutes les heures depuis, mais rendormie très vite, le nez dans la fourrure de mélissa. là, vers deux heures et demie, bruit de chat qui gratte, dans le couloir un vomi, près du lit un pipi, il faut agir, lumière qui me réveille définitivement, et un peu dans le cirage, petit nettoyage. et puis je nourris les quatre orphelins qui ont la dalle et me grimpent avec leurs petites griffes sur les jambes nues, j'ai froid, j'hésite. un bon lait chaud, voilà ce qu'il me faut, le viatique d'enfance des nuits difficiles. polar, pantalon odlo, écharpe toute douce, pantoufles, car il fait froid la nuit. dedans. un bol, la mesure exacte du lait pour ce bol, le lait versé dans la casserole sur le campingaz, un peu de poudre de vanille, le sucre de gauchiste déjà prêt, je me roule une clope en attendant. et soudain je pense aux grandes jorasses. à ce couple coincé depuis six jours.

 

deux heures du matin, c'est bien les heures auxquelles il fallait se réveiller, après une courte nuit de sommeil parfois angoissé et souvent inconfortable et agité dans les refuges. couchés trop tard. pisseuse nocturne, je me suis extraite déjà deux, trois, quatre fois de mon cocon pour aller mettre mon cul dans l'air glacial, pisser en forçant, très vite. le seul refuge confortable pour le pipi nocturne, mais est-ce encore un refuge, c'est vittorio emmanuel ou quelque chose comme ça, pour faire le gran paradiso en rando. sinon, c'est galère. par contre, pour les ronflements (on respire mal en altitude, et la plupart des gens ronflent comme des camions albanais), j'avais toujours une paire de no-tone salvateurs, qui ont sauvé mes nerfs, mon sommeil, mes lectures un nombre incalculable de fois, depuis leur découverte dans une boîte plastique, bien jaunes et moches, à la migros... bénis soient les no-tone.

 

mais ces réveils, en pleine nuit comme cette nuit. avec la peur au ventre. il y en a qui sont déjà partis, on les a vus hier, ils préparaient l'itinéraire, vérifiaient le matosse, la jungfrau, la verte, on les regarde, on les admire, mais ils vont peut-être dévisser d'ici quelque heures. bon, nous on fait des trucs plus simples, mais à notre mesure c'est chaque fois l'everest. à part les séjours en refuge depuis lequel on partait faire un peu toutes les voies pas trop méchantes (jamais plus de 6+ en montagne), et en grimpe (donc pas de mixte), où là, c'était la jouissance de la beauté, la sérénité, sinon, que ce soit pour la rando ou l'alpinisme, je ne me suis jamais réveillée vers deux heures du matin autrement qu'avec une trouille infâme. je ne sais pas si c'était l'effet pervers du sommeil en pas assez, l'altitude, la nuit (ah, ces départs de course à la frontale...), mais ce sont des moments que je n'ai jamais regrettés. plein d'autres si, ceux-là, non.

 

et je pense à ce couple, un guide et sa cliente, la quarantaine, expérimentés, partis faire les grandes jorasses, je ne sais pas quelle voie, je ne sais pas où ils sont bloqués, au pied, au milieu, au sommet, en montant, en descendant, mais ça fait maintenant six jours, à -20°, dans le brouillard, la neige, le vent. bon, maintenant qu'on a les portables, tout change : il a pu avertir les secours, dire qu'ils faisaient un trou dans la neige, les sauveteurs savent où ils sont (avant...). mais je me rappelle ces jorasses tellement imposantes, hostiles, une barrière.

 

les conquérants de l'inutile, terray. peut-on mieux décrire en deux mots l'alpinisme ? la conquête, sur soi, sur tout, l'inutile, juste être là, y aller. ce rapport tellement extra-ordinaire avec son corps, avec sa tête, et avec un monde extérieur inhumain, mais qu'on peut apprivoiser en l'aimant et en le redoutant, obstinément et désespérément. ils sont peut-être, juste là, maintenant, en train de s'enfoncer doucement dans le sommeil de l'hypothermie, après avoir beaucoup bougé, chanté, parlé, pour ne pas s'endormir, ou à tour de rôle un instant, bouffé les dernières barres sucrées, fait le tour de la question, guetté une amélioration, vu la nuit, encore une, arriver, et être toujours là, bloqués. ces moments où on hésite entre penser que tout est entre nos mains et penser que nous sommes impuissants. il y a une décision à prendre, on la prend tout le temps, oui... non...oui...non...

 

les grandes jorasses. terrifiantes et belles.

 

9 novembre : ils sont morts. ils avaient fait le linceul...

 

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Samedi 27 août 2011 6 27 /08 /Août /2011 20:24

je m'écoute encore à pleins tubes de la musique, je suis très angoissée.

 

là, noé de julien clerc.

"il ne sauve rien celui qui ne sauve pas tout"

"pourquoi t'es pas sur le bateau ?"

pourquoi, oui ?

ça semble biblique

 

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Samedi 27 août 2011 6 27 /08 /Août /2011 18:35

en fait, je sais pas comment ça marche un blog, comment faire joli, attirant. et puis je m'en fous. j'ai vu que j'avais récolté quelques commentaires d'@mis qui passent. j'en suis émue. merci les amis. surtout pour ce que j'y ai mis. maintenant je vais y mettre un texte, j'ose à peine dire un poème. en même temps, je me fais un replay obstiné de a horse with no name, à pleins tubes, et droit dans mon oreille gauche que je soupçonne avoir l'intention de me lâcher au premier tournant. la musique à pleins tubes couvre l'angoisse. quand j'ai peur je chante. les cornemuses des armées écossaises. tant d'autres.bon, le poème texte, il est pas gentil, doux, serein, il est même fâché et méchant. je le mets là pour pas qu'on m'emmerde à pas être positive, à me faire des frayeurs à penser que je pense plus facilement aux somaliens affamés qu'à mon connard de voisin chasseur, vu que je pense que c'est le péché premier.

alors si mon texte suscite des commentaires acerbes qui soufflent dans mes bronches fragiles ces temps, je vire (haha, j'aime bien l'idée d'être publique et privée à la fois, parfaitement subjective et pas sympa)

 

 

 

Le pont

 

Le corps de ton phallus

est un pont jeté

entre ta chair et ton âme

et mon âme et mon cul

au-dessus de l’eau furieuse

et première à laquelle

jouets de désirs et d’angoisses

nous aspirons pour y plonger

pour nous y noyer

dans un ruissellement magmatique

nappe phréatique pour y pourrir

 

entre la vie et ce qui n’est pas encore la vie, tu es le pont accouché entre mes mains et l’eau, arraché et jaillissant, expulsé et impatient

l’air est doux et frais, chargé de ton sperme coloré et amer, je le bois, je le mange, je l’entends

aide-moi à naître parce que aide-moi à mourir à cet autre qui n’est plus moi

 

au-delà du pont, s’étend la non-vie, la pré-vie

la pas encore vie : elle ressemble à s’y méprendre au sexe liquide et chaud d’une mère paisible et étale

 

l’eau profonde que franchit ta queue attentive, de toi à moi, cache bienheureuse la bienheureuse extase

qui franchit ce pont, mais aussi ce pont qui franchit-il sinon l’eau, qui passe d’une rive-toi à une rive-moi ? et qu’y a-t-il entre moi et toi que seul ce pont plein de raideur et de sève arrive à traverser ? et entre nous, qui est la vie, qui est la mort ?

 

agrippée à ton phallus, avant de tomber dans l’eau noire et profonde, et silencieuse, je passe de moi à toi, et de la mort à la vie

ou de la vie à la mort ?

de sorte que je renais en mourant à moi-même

 

qui dans mon corps désirant touche le bout incandescent de ton membre tendu vers moi ? vers moi ? moi ?

le coït engloutit ton pénis et faut-il que tu hurles de rage et de jouissance pour en sortir vivant et survivant

l’éjaculat franchit ce fleuve et éclabousse de jus délicieux l’autre rive où je me repose

 

l’énoncé du catalogue de nos plaisirs est une liste sans fin et sans limite de date ou de lieu de notre survie ensemble de l’un pour l’autre et l’un par l’autre

 

je suis l’ammocoetès-pétromyzon de ton inconscient de sauvage phallique et je nage à la recherche d’un gland à sucer

 

mais besogneux de la séduction, dragueur sans phallus, tu guettes le moment où le corps et l'âme cèdent, cuisses en V jusqu’au trou humide, au fond sans rien toucher, sans rien goûter, mais, pire, simplement à constater

 

rends-moi mon désir, je lui gueule, rends-moi tout ce qui appartient à ce côté à cette rive, ce côté du pont, ma vie éclaboussée par ta petite pine défaite, je lui gueule encore, éclaboussée de ta boue spermique, moi de ce côté-ci en travail

 

je ne pense pas qu’il ait entendu

 

du trajet de ton corps au mien, c’est le phallus qui fait le lien

dans ce trajet, il y a le plaisir, le tien, c’est le trajet de ton corps au mien qui constitue ton plaisir : ton plaisir est de passer à moi en cheminant le long de ton phallus érigé indiquant

dans l’entre deux vers mon antre jambe

le pont de ton sexe franchit

l’abysse du fleuve gueule ouverte

mais ta bouche qui suce ma béance souriante me console

d’avoir tout

perdu

 

n’était-ce pas dans l’attente et la non réalisation du désir que gisait le plaisir – l’objet de plaisir la jouissance était dans l’insatisfaction du désir

en fait, non, cette position éthique était intenable

 

une demande satisfaite alors n’en est plus une, c’est la demande elle-même qui est jouissance, et la non-satisfaction est nécessaire à la demande pour que celle-ci soit jouissance

mais c’était une position intenable, intenable

 

ma pulsion qui se réalise (dans l’) entre deux dans le passage vertigineux et explosif de toi à moi crée ce présent dont je peux dire qu’il est ce que je vis, je n’ai rien d’autre que ce moment furieux de l’un à l’autre qui est extase jouissance puisque extrême existence

entre ce lieu où je te soupçonne infiniment lointain et étranger et ce lieu où je suis, l’illusion de je je je je je

 

Tout ce qui voyage opère un déplacement. Tout ce voyage opère un déplacement de moi tel un objet aigu et attentif, chargé de souvenirs, d’attentes et d’intentions, fendant la réalité, c’est une proue aux yeux peints ouverts et noirs, à la gueule béante et dentée. Tout ce voyage où je rencontre enfin ce pont arqué au-dessus du néant, me fait passer sur l’autre rive et retrouver mon être perdu

Qu’ai-je en moi que tu ignores ? J’ai le fétiche, certainement, mon objet caché à moi, le mystère de moi femme, je suis dotée du fétiche qui t’est obscur, et crypté. Pauvre homme. Je suis divine, et absolue. Je suffis à ta faiblesse, je remplis chacun de tes instants car je suis puissante et mon souffle brûlant dévaste ta terre avide.

Par moi, tout pour toi est possible et désirable : pénètre-moi et donne-moi ton phallus. Telle l’éphésienne sauvage, je ferme pour ta survie mes yeux perçants et refuse la lumière du ciel. Je prends tes parties génitales, en aurais-tu l’usage, pauvre mâle, repose en moi et crains ma soif et mon désir furieux de te baiser. Mais tète mes beaux seins, mamelles chastes et lactées, car entre mes jambes serrées, le Y de mes cuisses t’étrangle, et tu ne toucheras rien que ta peur et ta sueur de petit garçon (im)puissant. Je ne manque de rien, je manque de tout.

 

La connaissance entre art et physique

hallucination et vérité

ai-je eu une fois le choix

entre le hurlement et la science

pour autre chose, pour ailleurs,

et alors oui,

pour le moins narcissique ?

Qu’importe le progrès de la technique ?

Les trous sont toujours les mêmes.

Nos âmes restent des âmes de simples

qui croient à la beauté d’une étoile,

au hasard des rencontres,

à la malignité des objets,

à l’extase des sexes

et à la reconnaissance que promettent les regards.

 

 

Par zozefine.over-blog.com
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Mercredi 2 mars 2011 3 02 /03 /Mars /2011 13:03

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Par zozefine.over-blog.com
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Samedi 29 janvier 2011 6 29 /01 /Jan /2011 12:39
Par OverBlog
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